Qu’est-ce qui fait que les individus vont passer à l’action ? 

Un des plus gros déclencheurs va être la douleur.

La douleur, la souffrance, quelqu’un qui est dans une situation qui n’est plus tolérable va passer à l’action.

Bien sûr on a d’autres leviers, vous avez la maladie bien évidemment notamment les burnout qu’on voit beaucoup maintenant.

Vous avez aussi tout ce qui est en lien avec les difficultés dans la relation à l’argent, les relations… mais sur le fond c’est toujours la douleur qui est là, tout le reste n’est qu’une forme finalement que ce soit à travers la santé, les problèmes d’argent, les problèmes relationnels…

La douleur soit je vais la subir mais je peux aussi la créer cependant ça reste un catalyseur.

Je vais illustrer par une histoire qui peut paraître drôle mais qui sur le fond ne l’est pas vraiment.

Ce sont deux amis qui prennent l’apéritif ensemble. L’un d’eux est avec son chien qui est allongé qui commence à bougeotter. Celui qui n’est pas le propriétaire s’étonne et demande à son ami : « Tiens qu’est-ce qu’il a ton chien ? » et celui-ci lui répond « Rien, il est juste assis sur un clou. » 

Perplexe l’ami rétorque « Je ne comprends pas pourquoi il ne bouge pas, pourquoi il ne se lève pas ? »

Et l’autre répond « Tout simplement parce que ça ne fait pas encore assez mal. »

Tant que la douleur que l’on ressent n’est pas supérieure à la douleur que provoquerait le changement, il y a peu de chance que le changement se mette en place. Il y a peu de chance que la personne s’engage sur la voie du changement.

C’est comme l’histoire du petit caillou dans la chaussure. Tant que ça reste supportable , vous n’enlevez pas votre chaussure, vous continuez à marcher et à marcher et à marcher jusqu’au moment où ça devient insupportable et vous stoppez votre marche, vous enlevez votre chaussure, vous enlevez le caillou et vous reprenez votre marche.

Et notre seuil de tolérance à la douleur, il va être complètement différent d’un individu à l’autre. Notre capacité à endurer la douleur va être vraiment en lien avec le vécu de la personne.

C’est aussi alimenté par le fait que nous sommes en grande capacité de masquer les choses et de feindre aussi ce que nous ressentons.

Finalement dès qu’on ne supporte plus quelque chose, c’est là qu’on va se mettre en mouvement, qu’on va entamer une démarche que ce soit un changement de job, que ce soit la fin d’une relation amoureuse, que ce soit un déménagement… Le contexte ne nous convient plus, alors nous nous mettons en route et en chemin.

On pourrait voir la douleur comme un porte-avion vers une nouvelle destination de nous à rencontrer.

Dès qu’on s’asseoit sur le clou et que ça fait trop mal, on s’en va, on a envie de se lever et de quitter cet espace.

Dans mon travail, en tant que thérapeute et coach qui accompagne les personnes à se libérer de leurs douleurs psycho-émotionnelles, énergétiques ou spirituelles, il s’agit entre autres de commencer à percevoir en amont qu’est-ce qui vient déclencher la douleur et voir aussi quels vont être vos indicateurs à travers cela et ne pas attendre qu’on soit à saturation, qu’on soit à l’ultime pour envisager une autre perspective, changer de regard avec la situation pour pouvoir de nouveau être en capacité, être en force de proposition avec soi-même.

Ok cette situation ne me convient plus, cette situation est douloureuse et souffrante pour moi, ok à partir de ce constat qu’est-ce que je décide de mettre en place

Et si je ne souhaite pas mettre en place des choses et c’est ok, ce n’est peut-être pas le moment pour vous à ce moment là, est-ce qu’il y a peut-être aussi derrière des bénéfices secondaires à rester dans cette situation ?

Parce qu’il arrive aussi qu’on reste dans des situations qui nous sont difficiles parce que nous avons aussi des bénéfices à rester dedans. 

On le voit par exemple à travers certains couples qui vont rester ensemble par rapport à un certain confort matériel notamment alors que sur le fond il n’y a plus d’amour que c’est douloureux, souffrant, malmenant…

Et je pense à toutes les personnes qui vont vivre de la violence que ce soit physique ou verbale, avant d’en arriver à un geste, à une accumulation généralement on peut ressentir déjà le goût de la violence qui commence à s’installer et c’est subtil au départ, c’est très très fin.

C’est ce chemin que je propose aussi dans mes accompagnements où on va aller détricoter qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné dans vos situations, vous allez pouvoir vivre de la violence et l’accepter, sans bouger, sans pouvoir être en capacité de dire stop à cette violence ? 

Qu’est-ce qui fait finalement que vous êtes en porosité, que la violence va venir rentrer en vous ? Alors que si je me mets dans une posture intérieure, dans une autorité intérieure où la douleur à travers la violence c’est non, ce n’est même pas le bout du petit ongle, c’est non.

Il y a quelque chose qui se positionne qui est assis en nous. De fait, à l’extérieur, il y a peu de chance que nous le rencontrions et si quand bien même une personne essayerait ça ne va pas rentrer, ça va peut-être essayer de taper à la porte mais ça ne rentrera pas.

Parce que depuis cette autorité intérieure, on va être en capacité de dire « Non ça ça ne me convient pas » « Non tu me parles pas comme cela » « Non ce n’est pas possible pour moi. » 

Alors est-ce qu’il y a un autre terreau fertile à rester en relation néanmoins et est-ce que c’est ok pour toi d’entendre ce qui est là ? 

Ou si ce n’est pas le cas, être en capacité aussi de pouvoir dire « La relation s’arrête là pour moi. » 

À partir du moment où je suis en capacité de dire stop, non et de pouvoir même aller jusqu’à l’ultime, c’est-à-dire lâcher la relation et ne pas rester dans un lien de dépendance alors de toute façon je vais être dans un chaudron alchimique en moi-même qui va me permettre d’être en assurance et en sécurité en moi.

Voilà un éclairage autour de la douleur comme pilier, comme tremplin dans nos chemins d’évolution.

MM

Photo : Inconnue 

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